Samedi 5 mars 2005
Planète environnement
Chronique de Nathalie Fontrel


La vie sans pétrole

Record de consommation d'électricité... au point que la France a du importer de l'énergie... le froid provoque une surchauffe du système de production électrique. Basé sur le nucléaire... il a pourtant besoin de thermique classique fuel et charbon pour faire face aux pointes de consommation. C'est dans ce contexte que parait un livre passionnant et inquiétant : "la vie après le pétrole" de Jean Luc Wingert aux éditions Autrement. Le pétrole est partout y compris dans une tranche de jambon : élevage, fabrication d'aliments pour animaux, engrais, emballage... le secteur agroalimentaire est un grand consommateur d'énergie. Même s'il est moins gourmand que les transports.

On sait que le pétrole est une énergie non renouvelable. Alors à quand sa fin ? Parce que cette question est terrible, les réponses sont auréolées de mensonge. Un tiers des réserves déclarées par l'OPEP les pays producteurs n'existent pas. Le pic de production devrait intervenir en 2015. A compter de cette date, nous entrerons dans la déplétion : la production de pétrole commencera à chuter. Par quoi le remplacer ? Il n'y a pas une énergie de substitution. Le gaz et son pic de production en 2030, 2050 pour le charbon et l'uranium sont eux aussi des énergies finies.

Les énergies renouvelables n'arriveront pas à faire tourner le monde tel qu'il vit aujourd'hui. La vie après le pétrole c'est : moins de transports, ce sont des économies d'énergie : elles peuvent nous permettre de diviser notre consommation par deux.

C'est une relocalisation des marchés. Produire près des lieux de consommation. Et c'est le plus vite possible, "la taxation du pétrole" dit l'auteur : 30% pour financer la révolution vers la sobriété. C'est donc une réelle prise de conscience... Or aujourd'hui tous les systèmes politiques et économiques continuent de vivre comme si l'or noir était inépuisable.



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